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The Silvesterchlaus Custom in Switzerland

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The Silvesterchlaus Custom in Switzerland
He said that there were around 150 Silvesterchlaeuse and it was a very impressive sight.



A 'Silvesterclaus' is a masked person and part of on old custom in the village of Urnaesch in the Kanton of Appenzell Ausserhoden, which by tradition is a protestant Kanton, where as Appenzell Innerrhoden is a traditional Catholic Kanton.

The custom celebrates the end of the year, both on December 31 and January 13, the old Silvester according to the old julian calendar. The reason for this date is, that when in the 16th century Pope Gregory XIII changed the calendar, 13 days were lost. Being a Protestant Kanton, the population did not recognize the new Catholic calendar and were not willing to give up the old julian calendar. So, stubbornly they still celebrate Silvester on the old date of January 13.

'Silvesterchlaeuse' go in small groups called 'Schuppeln' with big cow bells, masks and ornate headdresses yodeling wordless songs called 'Zauren' from house to house and wish the families blessings and happiness for the New Year and receive in return mulled wine and some money.


The masks represent both men and women, but because of the heavy weight of the bells and headdress only men participate in the custom. The whole outfit can weigh more than 30 kg (66 lbs).


There are 3 types of 'Silvesterchlaeuse':


  1. the pretty ones di Schöne
  2. the ugly ones di Wüeschte
    Here
  3. the pretty-ugly ones di Schö-Wüeschte




The Ugly Ones
The ugly ones typically wear scary masks and their clothes are covered with leaves, straw and pine branches. The look has probably changed quite bit over the years. The look was most probably originally part of of a winter custom where with noise and hideous outfits all eerie and evil was chased away.

The Pretty-Ugly Ones
The pretty-ugly ones are the nature or forest 'chlaeuse'. They don't look as wild as the ugly ones. The clothing is carefully created with tree bark, pine cones and other natural materials. This type was first created in the 60er years of the 18th century.

The Pretty Ones
The pretty ones are know since the 19th century. They usually appear in groups of 6 or 7. The group consists of a 'Vorrolli'(first figure), 4 or 5 'Schelli' and a 'Nachrolli' (last figure).

A 'Rolli' is a figure that wears a traditional women's costume and on the head a huge wheel-shaped headdress. On the upper part of the body they wear a leather harness with 13 round bells (Rolli).

A 'Schelli' is a figure that wears traditional men's clothing and wide cantilevered very ornamental hats. On their breast and back they wear heavy bells which are tied together over the shoulders.


The headdress of both the 'Rolli' and the 'Schelli' is decorated with glass pearls, velvet and metal foils and other materials. In the niches of the headdress magnificent carvings represent scenes from the daily life.


During the festivities very young boys are initiated in this tradition. They wear a lighter version of the garments and bells but no masks. They look very charming according to my friend who was there.





LES SILVESTERKLÄUSE A URNÄSCH

Le " Silvesterklausen " est la coutume hivernale la plus impressionnante dans l'arrière-pays d'Appenzell, c'est-à-dire dans les communes d'Urnäsch, Herisau, Hundwil, Stein, Waldstatt et Schönengrund. Depuis quelques années, il y a à nouveau des Kläuse dans la partie moyenne du pays, surtout à Teufen et il semblerait que l'ancienne coutume puisse encore gagner du terrain.

Parmi les coutumes du nouvel an, l'une des traditions les plus caractéristiques présentée dans les collections du Musée de Binche concerne Urnäsch, l'une des localités des Rhodes extérieures en pays appenzellois. De population protestante, cette région ne se résolut pas à abandonner le calendrier julien au profit du calendrier réformé, en 1582, par Grégoire XIII.

Ce n'est qu'en 1798, lors de la proclamation de la République helvétique que les cantons protestants adoptèrent le calendrier grégorien. Ainsi, chaque année, la population d'Urnäsch et des villages voisins célèbre deux fois le changement d'année, le 31 décembre et le 13 janvier (ancienne date du nouvel an).

Les acteurs de la fête sont les " Silvesterkläuse", les Nicolas du nouvel an. Au cours du siècle passé, les sorties des masques, des " Kläuse", furent souvent condamnées par le clergé et par la presse. En 1848, cette coutume pratiquée " avec acharnement dans certaines régions " est jugée comme un moyen " des plus inconvenants, des plus indignes et donc répréhensibles de récolter des aumônes ". L'auteur de ces propos compare les Kläuse à des " mendiants masqués ", vêtus de haillons et au comportement peu raffiné.

Au cours des semaines qui précèdent la fête, la population masculine prépare par petits groupes,les tenues traditionnelles: certains restaurent les costumes de la fête antérieure; d'autres réalisent de nouvelles créations, fabriquent masques et chapeaux, initient les plus jeunes. Chaque petit groupe, constitué de membres de la même famille ou d'amis et de voisins, prépare avec soin la liste des visites à rendre et le parcours à effectuer dans le village.

Chaque groupe choisit de s'inscrire dans l'une des formes de déguisements habituels : certains se dissimulent simplement sous des branchages de sapin; d'autres ont recours à divers éléments puisés dans la nature: lichens, mousses et pommes de pin attachés sur un bleu de travail, paille et épis de blé artistiquement disposés, écorces, feuilles, coquilles d'escargots, copeaux de bois permettent de composer coiffures, masques et déguisements très élaborés. De là vient le nom générique "Silvesterkläuse "...

En cas de mauvais temps, c'est-à-dire de forte pluie, beaucoup hésitent à utiliser ces costumes raffinés leur préférant des formes plus dépouillées, mieux adaptées aux conditions météorologiques. D'autres remplacent désormais les déguisements phytoformes par de luxueux costumes de velours.

"Aujourd'hui", note Hans Hürlemann dans sa notice, "on distingue plus ou moins nettement trois genres de Silversterkläuse : les Wüeschte (les laids), les Schöne (les beaux) et les Waldktäuse ou Naturkläuse (Kläuse de la forêt ou de la nature)".

Tous apparaissent presque exclusivement en groupes plus importants, des " Schuppel " comme les appellent les autochtones. Les uns portent une ou deux cloches et représentent des "Mannevölcher" (personnages masculins). Plus souvent encore, on les nomme d'après leur instrument, les " Schelli " ou " Schellenklaus " (Klaus à cloches). Les autres sont les " Rollewiiber " (" Rollenweiber " : femmes à grelots) ou " Rölli ".

Les "Wüeschte Kläuse" portent souvent des masques effrayants fabriqués à l'aide de papier mâché, de dents de porc ou de boeuf, d'os ou d'autres produits naturels. Les matériaux végétaux forment le manteau, le couvre-chef et les pantalons. On utilise également très souvent un peu de foin, de paille, de branches de sapin. Sous le manteau, à peine visible, les "Mannevölcher" portent une cloche qui est fixée aux épaules à l'aide d'une sangle.

Aujourd'hui, un "Schuppel" - groupe de beaux Kläuse - compte généralement six garçons, deux Rölli et quatre Schelli. Sur le dos et la poitrine, les Schellenkläuse portent des cloches de vache qui sont reliées sur les épaules à l'aide de bandes de cuir ou de laine. Sur la tête, le Schellenklaus porte un chapeau plat presque rectangulaire, dont les côtés et la partie inférieure sont garnis, comme les coiffes des Rölli, de milliers de petites perles de verre, de cordons multicolores, de petits miroirs et de papier argenté. Dans les niches des coiffes et sur la partie supérieure des chapeaux, on représente des scènes de la vie populaire avec de petites figurines soigneusement sculptées et peintes, comme un marché au bétail, des artisans et des paysans au travail ou une montée à l'alpage. Le visage du Schellenklaus est caché par un masque masculin barbu qui, auparavant, était le plus souvent en cuir. Dans le trou de la bouche est souvent fixée une " Lendauerli " noire, la pipe typique de l'Appenzell. Un costume de velours uni brodé d'argent, des bas blancs et de lourdes chaussures complètent cet équipement.

Les Kläuse de la nature ou de la forêt, que le langage populaire appelle de manière encore plus appropriée "Schöwüeschte" (beaux laids) sont, comme l'indique cet autre nom, une forme intermédiaire des types de Kläuse déjà dépeints. Au milieu des années 60, un groupe d'Urnäsch apparut pour la première fois sous cette forme. Pour la fabrication des manteaux et des chapeaux, on utilise des matériaux naturels en faisant preuve d'un grand sens de l'effet décoratif.

De plus, on représente sur le couvre-chef et dans des niches du manteau des scènes semblables à celles que portent les beaux Kläuse.

Sous leur pèlerine, les Kläuse dissimulent, sur la poitrine et sur le dos, deux énormes cloches. Le harnachement complet d'un Klaus peut atteindre quelque 40 à 50 kilos dont 10 kilos pour la coiffe et 25 pour les sonnailles. Les groupes se composent habituellement de sept à dix Kläuse encadrés par deux participants en habits féminins, costumés avec élégance et finesse, les "Rölli" ou " Weibliche Rollen-Kläuse ". Ceux-ci portent chemisier et tablier ornés de dentelles, corsage et jupe de velours et un imposant harnais sur lequel sont fixés 13 énormes grelots - 4 sur la poitrine, 4 sur le dos et 5 à la ceinture.

La coiffe, qui est en demi-cercle, contient des scènes d'intérieur ou de la vie agricole et est surmontée d'éléments décoratifs. Quant au masque, lui aussi en toile recouverte de cire, il reproduit un visage féminin un peu niais, maquillé avec soin et agrémenté, à la commissure des lèvres, d'une fleurette.

Le jour de la fête, dès la pointe du jour, plus d'une dizaine de groupes se mettent en route. Par les chemins enneigées selon un itinéraire précis, établi " en fonction d'une stratification sociale complexe et de devoirs de réciprocité obscurs ", chaque groupe marche, au son des grelots et des cloches qui résonnent dans toute la vallée. Leur " mission " consiste à aller de maison en maison, de ferme en ferme présenter leurs voeux et garantir, par leur passage, bonheur et prospérité.

Voici la description qu'en donne Françoise Lempereur qui a observé la fête en 1984 :

" il fait encore nuit et seul le tintement des cloches et grelots trouble le silence; soudain, les Kläuse s'immobilisent en cercle, appuyés sur le bâton de coudrier qui - je le constaterai tout au long de la journée - forme un des éléments essentiels de leur tenue. Et voici que s'élève, répercuté par les montagnes environnantes, un des chants les plus émouvants qu'il m'ait été donné d'entendre, une polyphonie à 4 voix, utilisant la technique du jodel c'est-à-dire altemant voix de tête et voix de poitrine mais en tenues de notes longues. Cette technique vocale particulière à la région est appelée Naturjodel et les chants sont désignés par le terme Zäuerli ; d'une durée de 3 ou 4 minutes chacun, ils sont précédés et suivis d'un tintamarre de cloches et de grelots provoqué par le balancement et les sauts des chanteurs. Lorsque les Kläuse se déplacent, ils adoptent d'ailleurs un pas glissé caractéristique, accompagné d'un balancement des épaules qui favorise le tintement des toupins et des grelots.

En parcourant la vallée, je m'efforce de localiser par le son d'autres groupes de Kläuse mais I'écho s'amuse à me désorienter. Le jour s'est maintenant levé: le ciel est bleu et le soleil donne au paysage un relief inoubliable; comme perdus par je ne sais quel urbaniste distrait, les chalets sont disséminés çà et là sur les vastes collines enneigées qui dominent la vallée; seuls sont groupés ceux qui bordent la route. Autour de celle-ci, des groupes de Kläuse se croisent dans un vacarme indescriptible.

Il arrive que 3 ou 4 groupes se retrouvent ainsi par hasard au même endroit ; ils se dispersent aussitôt sans échanger aucune parole et chacun choisit la maison devant laquelle il va chanter.

En effet, dès qu'un groupe s'approche d'une maison, il fait cercle et entonne deux ou trois Zäuerli entrecoupés de tintements de cloches. Les habitants sortent alors et offrent à leurs visiteurs masqués du vin chaud ou du thé que ceux-ci boivent à la paille pour ne pas enlever leur masque. Après deux ou trois autres chants et l'échange de souhaits, le Vorrolli, porteur de grelots précédant le reste du groupe, donne le signal du départ et tous s'en vont vers une autre maison. Jusqu'à midi et demi, je suivrai ainsi, enfonçant à chaque pas dans la neige épaisse, une dizaine de groupes, tous plus intéressants les uns que les autres. En effet, contrairement aux Kläuse en costumes masculins et féminins aperçus avant l'aube, je rencontre le plus souvent des groupes de Kläuse habillés d'éléments naturels : feuilles de houx, de lierre, écorces, mousses, lichens, glands, faines, coquilles d'escargot, paille, etc. Seule l'image peut témoigner de l'extraordinaire imagination dont ont fait preuve ceux qui, durant plusieurs mois sans doute, ont créé ces masques à nul autre pareils... ".

Ce scénario se poursuivra toute la journée. Le soir venant, les groupes regagnent le fond de la vallée et poursuivent leurs prestations vocales d'auberge en auberge jusqu'à tard dans la nuit. La fête conserve aux yeux des habitants une importance considérable. Le touriste, l'étranger y est considéré comme un importun car il risque de troubler le rituel que les gens du lieu pratiquent entre eux, pour eux-mêmes.

Pour chacun, la fête est chargée d'une symbolique particulièrement riche et forte ; elle est ressentie par ceux qui y participent - acteurs, mais aussi spectateurs - comme un véritable rite de passage destiné à assurer, comme dans un passé bien lointain, la pérennité de la collectivité.



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